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Entretien/Pr Yao N’Guessan Alfred (Député de Grand-Lahou) à propos de l’existence des Agni à Grand-Lahou : ‘’le canton Bandama, dans la subdivision de Grand-Lahou, est Agni’’

25 August 2026 5 min 26 vues
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Entretien/Pr Yao N’Guessan Alfred (Député de Grand-Lahou) à propos de l’existence des Agni à Grand-Lahou : ‘’le canton Bandama, dans la subdivision de Grand-Lahou, est Agni’’

25-8-2026-Afrique Univers Pr Yao N’Guessan Alfred, par ailleurs, député de Grand-Lahou a décidé de rétablir la vérité sur l’existence du peuple Agni dans les régions de Tiassalé et de Grand-Lahou. Dans la foulée, l’ancien président du Conseil général de Grand-Lahou, présentement, directeur de Cabinet du ministre des Sports s’est tourné vers ses parents afin de recueillis leur orientation et leur bénédiction. Au terme de sa tournée de sensibilisation effectuée du jeudi 20 au samedi 22 août 2026, il nous livre ses impressions.

M. le Directeur de Cabinet, quel sens donnez-vous à la tournée que vous venez d’entreprendre dans la zone de Tiassalé ?

C'est un fait culturel. Comme je le dis, je passe dans beaucoup d'endroits. Et le fait culturel c'est que je parle Agni. Quand je suis en pays Sanwi ou en pays Moronou, quand je parle mon Agni, ils ne me reconnaissent pas comme Agni. Quand je vais en pays Baoulé, quand je parle, on me reconnait comme Agni.

Dans le peuplement de la Côte d'Ivoire, et c'est établi par des historiens, par des archéologues, il est établi, et les cartes existent, que ce peuplement-là, il est Agni.

Alors, si le peuplement est Agni, pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, quand on cite en Côte d'Ivoire les Agni, nous sommes omis ? Donc c'est pour corriger cela. C'est une idée que nous avons eue. Il était question de partager cette vision avec les sachants, les parents, les chefs, car c'est eux qui détiennent la vérité.

Et si cela s'avère, on se mettra ensemble pour qu'au niveau de la communication, nous puissions dire à la face de la nation ivoirienne que, ici aussi, existent des Agni. C'est toute la démarche que nous faisons.

Nous avons pris le temps de visiter des villages Agni qui sont étalés sur le département de Grand-Lahou et de Tiassalé, principalement dans le long du fleuve Bandama.

Où vous a conduit votre périple ?

Nous avons commencé par Nandibo. Après on a fait Dongbo, Tamambo, Awanou. De là, Amoutua est juste à côté, nous avons continué à Boussué, à Binao. Nous sommes allés à Morokro, nous sommes descendus pour aller dire bonjour à nos frères Elomoin de Tiassalé et d'Awia. Nous avons continué à Broubrou, qui est la première étape de notre tournée. Il va sans dire que nous allons continuer d'autres tournées pour visiter tous les villages, pour qu'à la fin, nous puissions nous reconnaître comme Agni et montrer la face de la Côte d'Ivoire et au monde que nous sommes d'Agnis, que désormais nous comptons en tant que tel dans la Côte d'Ivoire.

Professeur, si vous vous revendiqué Agni, comment doit-on vous identifier parallèlement aux Agni Sanwi, ou Indénian ?

On ne se revendique pas Agni. On est Agni. Je rappelle qu'ici, il est connu qu’il y a plusieurs types d'Agni. Il y a des Agni Sawa, des Agni Alagoua, des Agni Asrein, des Agni Amentiè. Mais du fait de la proximité des autres peuples, notre Agni, je ne dis pas qu’il a été dénaturé, mais l'accent a un peu changé. C'est pour cette raison que les autres frères Agni, quand nous parlons, nous prennent pour les baoulés.

Donc c'est ce fait-là que nous devons établir, que nous sommes Agni. On ne se revendique pas Agni, nous sommes Agni. Et il faut que ce soit ainsi accepté par tous, pour que nous puissions avancer.

Nous verrons avec les parents, quel sera le vocable qui va regrouper tous ces Agni-là. C'est pourquoi nous disons, pour l'heure, en français, les Agni du Bas-Bandama. On voit que c'est des Agni du Bas-Bandama, puisque dans la migration de la Côte d'Ivoire, dans la migration du peuple akan la Côte d'Ivoire, il y a certes des Baoulés, mais il y a aussi des Agni. Et nous savons très bien que les Agni et les Baoulés ont transité par Tiassalé, dans cette zone-là, du Bas-Bandama.

Et donc ce sont les Agni qui sont restés sur place, pendant que les autres poursuivaient leur chemin.

Ce peuplement s’est-il également poursuivit jusqu’à Grand-Lahou ?

Moi je suis de Grand-Lahou. Il ne faut pas confondre le département de Grand-Lahou avec le peuplement.

L'administration ivoirienne a fait un découpage. Je peux vous citer des villages Agni de Grand-Lahou. Nandibo, Dongbo, Tamabo, Awanou, Bakanda, Amiafoutou, ce sont des villages Agni qui sont dans le découpage administratif, qui se retrouvent dans la sous-préfecture de Grand-Lahou.

En son temps, au niveau de la colonisation, on parlait de canton. Le canton Bandama, qui est dans la subdivision de Grand-Lahou, est Agni. Il y a deux cantons, Dida : Yokobo et Lozoua, et un seul canton, Avikam. Voilà la construction de Grand-Lahou.

Donc quand nous nous retrouvons à Grand-Lahou, ne pose aucun problème. C'est un découpage administratif qui nous a mis à Grand-Lahou, simplement. Mais ce n'est pas le peuplement.

Le découpage administratif ne suit pas le peuplement de la Côte d'Ivoire.

M. le directeur, mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour rétablir l’histoire du peuple Agni Bandama ?

Je suis le député de Grand-Lahou et aujourd'hui, je suis là en tant que mobilisateur, initiateur de cette idée.

Mais j'avoue que je ne suis pas le premier. Beaucoup d'écrits ont été faits sur ce fait Agni, l'existence du peuplement Agni dans le Bas-Bandama. Nous ne faisons que faire la promotion avec les uns et les autres, à commencer par nos chefs de village, nos propriétaires terriens et les cadres qui se reconnaissent comme Agni Bandama.

Réalisé par Esli Cheick Yvan


Tags : Culture
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